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La déclaration d'achèvement des travaux et le contrôle de conformité


Le titulaire d'une autorisation d'urbanisme (ou la personne qui a dirigé les travaux, par exemple l'architecte) doit adresser une déclaration d'achèvement des travaux à la mairie pour signaler la fin de ses travaux.


Un contrôle de conformité effectué en cours d'exécution des travaux n'est pas systématique et obligatoire. Tout dépend de la volonté de l'administration. Quoi qu'il en soit, si un tel contrôle a lieu, l'autorité qui a rendu l'autorisation d'occupation du sol (préfet, maire ou tout fonctionnaire commissionné) peut visiter les constructions en cours. A cet égard, il peut procéder à toutes les vérifications qu'ils jugent utiles et se faire communiquer tous les documents techniques en rapport avec les bâtiments.

Depuis la réforme du 8 décembre 2005 et du 5 janvier 2007, le régime du contrôle de conformité effectué à la fin des travaux a été modifié.
Avant la réforme, le constructeur devait adresser à l'administration une déclaration d'achèvement et après une éventuelle visite sur place, l'administration délivrait un certificat de conformité. C'était donc l'administration qui était juridiquement responsable si la construction n'était pas conforme et qu'aucun contrôle n'avait eu lieu. Aujourd'hui, le constructeur doit encore adresser à l'administration une déclaration d'achèvement. La déclaration d'achèvement est réglementée par les articles L. 462-1 et R. 462-1 à -5 du Code de l'urbanisme.
A l'achèvement des travaux, une déclaration d'achèvement qui est aussi une déclaration de conformité des travaux, devra être adressée à la mairie par lettre recommandée avec accusé de réception.

La déclaration d'achèvement des travaux est un document qui permet d'attester auprès de la mairie :
- de l'achèvement des travaux
- et de leur conformité par rapport à l'autorisation d'urbanisme accordée.
Cette déclaration est obligatoire pour les travaux ayant fait l'objet :
- d'un permis de construire,
- d'un permis d'aménager,
- d'une déclaration préalable.
La déclaration précise si l'achèvement concerne :
- la totalité des travaux,
- une tranche des travaux selon un programme autorisé (par exemple en cas d'échelonnement des travaux dans le cadre de la construction de logements en l'état futur d'achèvement).

Lorsque les travaux sont effectués par tranche, la déclaration porte uniquement sur ces seules réalisations. Il y a donc autant de déclarations d'achèvement des travaux à adresser à la mairie qu'il y a de tranches de travaux à réaliser. Si des règles d'accessibilité des personnes handicapées doivent être respectées (cas par exemple pour les établissements recevant du public), le formulaire doit être accompagné d'une attestation de conformité remise par la personne qui a effectué ce contrôle.
De même, si des normes techniques spécifiques (parasismiques et paracycloniques) sont applicables, le formulaire doit être accompagné d'une attestation de conformité remise par la personne qui a effectué ce contrôle.
Ce dossier (formulaire et attestations) doit être réalisé en trois exemplaires et être déposé directement à la mairie où se situe le terrain ou envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception.

Dans l'hypothèse où la construction terminée n'est pas conforme, le constructeur ou l'architecte peut solliciter, avant le dépôt de la déclaration d'achèvement, un permis modificatif. Il ne s'agit pas d'un nouveau permis, et les modifications par rapport au projet initial ne peuvent qu'être mineures et limitées. En effet, il est impossible de régulariser des travaux qui violeraient grossièrement un permis originel. Dans l'hypothèse où les travaux violent grossièrement le permis originel, la seule solution est de demander un nouveau permis qui validera ce qui aura été fait.

La mairie peut procéder au contrôle sur place des travaux réalisés lorsqu'elle l'estime nécessaire.Cette visite des lieux est alors réalisée dans un délai de trois mois à partir de la date de réception de la déclaration. Ce délai est porté à cinq mois lorsque ce contrôle est obligatoire. Cela est notamment le cas lorsque :
- les travaux portent sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques ou situés dans un secteur sauvegardé,
- les travaux sont réalisés dans un secteur couvert par un plan de risques naturels, technologiques ou miniers.
Passé ces délais, la mairie ne peut plus contester la conformité des travaux. Si la mairie constate une anomalie dans les délais de trois et cinq mois suivant l'autorisation accordée, elle peut mettre en demeure le titulaire de l'autorisation d'urbanisme d'y remédier en effectuant les travaux nécessaires ou lui demander de déposer un permis de construire modificatif.
Si la régularisation de l'anomalie est impossible, la mairie peut imposer la démolition de la construction.

Si à l'issue du délai de trois mois, l'administration ne réagit pas, cela signifie juridiquement que les travaux sont conformes car l'administration n'aura plus le droit d'intervenir. Il s'agit donc d'une décision tacite. Cependant, le bénéficiaire de l'autorisation d'occupation du sol peut sur simple requête, demander à l'administration une attestation certifiant que la conformité des travaux n'a pas été contestée.
Cette attestation est très souvent demandée parce que la Cour de cassation considère que l'obligation de délivrance pesant sur le vendeur d'un immeuble à construire impose la production d'un certificat de conformité matériel. Le silence de l'administration ne suffit donc pas.

Sources : http://www.information-juridique.com/droit-immobil...
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroi...


Le 10 décembre 2018

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